12 JOURS, de Raymond Depardon

Depuis 2013, lors d’une hospitalisation sous contrainte, le dossier du patient doit être présenté à un juge des libertés avant 12 jours; ce dernier, au vu des éléments soumis et du discours de l’interné, statuera sur la suite ou non de l’enfermement. Ce sont ces audiences que filme, pour la première fois, Depardon. Grâce au dispositif simple et systématique, on rentre aisément dans chacun des mondes de ces personnes, filmées presque exclusivement en plan fixe, souvent enfermées dans le cadre. Elles se mettent à nu, racontent leur souffrance, et il n’est pas toujours évident de mesurer la lucidité de leurs paroles. Bien au-delà des échanges enregistrés, le film parle de liberté, de responsabilité, de vérité, d’humanité, et interroge les limites de ces notions. Régulièrement, Depardon nous emmène derrière la porte de la salle d’audience, dans les couloirs, cours et jardins arpentés par les patients désorientés. Car c’est bien de cela dont il s’agit. Trouver du sens. Et la phrase de Foucault mise en exergue par le réalisateur nous hante le temps du film, puis bien longtemps ensuite  : « De l’homme à l’homme vrai, le chemin passe par l’homme fou. »

Sortie le 29/11/2017