LA VILLA, de Robert Guédiguian

Dès la première image, le soleil scintillant sur la mer nous éblouit et nous réchauffe. Dans cette fable nostalgique sur l’âge, la famille et le temps qui passe, Guédiguian nous emporte totalement. Il célèbre l’enfance, le désir, la solidarité, la fraternité. Alors que les passions tristes des personnages s’effacent au fur et à mesure de leur séjour dans cette villa patriarcale, que l’un d’entre eux appelle avec malice « le centre du monde », le spectateur se prend à rêver d’un monde meilleur, baigné de soleil et de chaleur, où on déclame Claudel en vidant les filets à poissons, où on n’a pas peur de ses sentiments, où on vit, simplement. Profondément bouleversant, le film nous engage à ne pas rester enfermé dans des rancœurs, des chagrins, des amours mortes, une vie trop petite, mais à prendre plaisir au présent, à cultiver les projets et l’espoir, à se tourner vaillamment vers l’avenir. Qui s’annonce radieux, si l’on en croit le dernier plan du film. Les acteurs, la famille de cinéma du réalisateur depuis plus de trente ans, sont très justes; Darroussin est exceptionnel: dans son regard profond, teinté de tristesse mais aussi d’une infinie tendresse, tout est dit: oui la vie n’est pas simple, oui le monde va mal, oui la politique devient déconcertante, mais tant que l’on est vivant on peut agir: rien n’est perdu, jamais, nous annonce Guédiguian, de la plus émouvante des manières.

Sortie le 29/11/2017