LA DOULEUR, de Emmanuel Finkiel

C’est un film d’une absolue poésie que nous offre Emmanuel Finkiel en adaptant La douleur, évoquant Marguerite avant Duras, en 1944-45, prête à tout pour retrouver Robert Antelme son mari déporté. Le film, très beau, -lumière, couleurs, cadrages soigneusement choisis-, nous emporte dans la folie de la seconde guerre mondiale, au sein d’une formidable reconstitution du Paris sous l’Occupation. Mélanie Thierry, de tous les plans, très habitée par le personnage, est parfaite dans ce rôle ambigu de la femme esseulée en proie aux doutes; d’abord souffrant aussi fort que l’amour qu’elle porte à son mari disparu; puis petit à petit d’une douleur existant juste en soi, pour soi, détachée d’une raison, d’un but, d’une logique: la douleur demeure alors même que l’amour qui l’a provoquée s’étiole. Les mots profonds de Duras, précisément énoncés par l’actrice, rythment le film du début à la fin. Portée en outre par une musique majestueuse, La douleur est une œuvre puissante qui se regarde comme elle s’écoute, avec gravité et émotion.

Sortie le 24/01/2018