GASPARD VA AU MARIAGE, de Antony Cordier

Quel film sympathique, surprenant, fantasque et charmant! Gaspard retourne dans la demeure de ses premiers jours pour le deuxième mariage de son père. C’est l’occasion de renouer avec sa fratrie, son enfance, et aussi peut-être de s’en détacher, enfin. On l’aura compris, Gaspard va au mariage parle de famille, de relations, des cycles de la vie. La bonne idée est d’avoir placé toute l’intrigue au sein d’un zoo près de Limoges. Dans ce cadre inattendu, les liens se tissent et se délitent, dès le début au rythme de la vie des animaux, dans ce monde fermé, pour peu de temps encore, tant les clôtures du zoo en manque d’entretien, littéralement, se fendillent. Offrant plusieurs lectures, le film peut notamment se voir comme un véritable conte de fées (Christa Théret sous sa peau d’ours rappelant fortement Peau d’âne), un récit d’émancipation des trois enfants envers leur ogre de père. C’est frais, c’est pétillant, c’est sensuel, et les acteurs sont tous très justes, avec une mention spéciale à Laetitia Dosch, ravissante de naturel, et Johan Heldenbergh, dont le grain de folie qui dissimule un cœur trop tendre s’avère très séduisant. Mais le mot de la fin, qui contient toute l’histoire, revient à Gaspard, fils prodigue et héros de l’aventure: « Le plus difficile dans la vie c’est de trouver quelque part dans le monde quelqu’un qu’on aime plus que sa famille ».

Sortie le 31/01/2018