LES GARÇONS SAUVAGES, de Bertrand Mandico

En voilà un vrai film de cinéma ! Cinq mauvais garçons sont envoyés naviguer avec le sévère Capitaine, qui promet qu’à la fin du voyage ils auront retrouvé le droit chemin. Rien ne se passe vraiment comme prévu, et c’est l’occasion pour le réalisateur de nous offrir un spectacle comme on en fait peu, une fable baroque sur le genre, foisonnante de symboles sensuels et sexuels, interprétée par cinq comédiennes qui s’en donnent à cœur joie. Formellement, pour notre plus grand plaisir, Bertrand Mandico n’hésite devant rien, usant sans retenue de procédés oubliés tels les surimpressions, les couleurs saturées, les décors de studio associés à de vrais extérieurs : on assiste à un feu d’artifice de sensations et d’émotions. Les garçons sauvages s’avère également riche de références prestigieuses, les plus évidentes étant Fassbinder, celui de Querelle, mais aussi H. G. Wells : l’île mystérieuse, aux propriétés magiques et à la végétation luxuriante, dont on ne ressort jamais indemne, rappelle fortement celle du Docteur Moreau, figure que l’on retrouve d’ailleurs également dans le film. Du vrai cinéma donc, qui ose tout, qui rend hommage, qui nous permet surtout de vivre une belle aventure, à travers ce conte initiatique qui ne manque pas d’humour.

Sortie le 28/02/2018