LA BELLE ET LA BELLE, de Sophie Fillières

Margaux 20 ans rencontre Margaux 40 ans: elle-même en plus vieille; comment les deux femmes vont-elles s’accommoder de cette situation rocambolesque? Sophie Fillières nous propose une comédie douce-amère, sur la vie et ses méandres, les chemins qu’on prend ou pas, les angoisses qui nous assaillent quelquefois, l’amitié et l’amour, aussi. On retrouve avec plaisir les thèmes de prédilection ainsi que la plume acérée de la réalisatrice, qui choisit chaque mot avec minutie, pour offrir des dialogues savoureux, drôles mais pas que, des jeux de mots, jusque dans le choix du titre, détournement de celui d’un célèbre conte; car le film finalement est bien cela, une fable, sur la jeunesse et sa suite, ses illusions et désillusions, au tempo parfois soutenu, parfois alangui, qui tout compte fait correspond bien à celui de l’existence, où tout ne respecte pas un rythme ronronnant et régulier. Les trois acteurs principaux s’en tirent avec brio, et c’est notamment une joie de retrouver Sandrine Kiberlain, qui s’empare avec malice et folie douce du rôle de Margaux. Une jolie comédie donc, délicate et sensible, qui laisse à la fin un sourire rêveur flotter sur les lèvres.

Sur l’échelle du cinéma: à mi-chemin entre Retour vers le futur de Robert Zemeckis, pour la rencontre explosive du passé et du présent, et Les six contes moraux d’Eric Rohmer, pour les dialogues enlevés sur les états d’âmes et sentiments des personnages.

Sortie le 14/03/2018