VENT DU NORD, de Walid Mattar

Alors qu’Hervé, la cinquantaine, doit se réinventer lorsque son usine du nord de la France ferme pour délocalisation, Foued, jeune homme sans emploi, commence à travailler au sein de l’usine relocalisée dans la banlieue de Tunis. Walid Mattar, dont c’est le premier long-métrage, livre un film très construit, au plus près des personnages, ouvriers que la Méditerranée sépare, mais qui se révèlent aux prises avec des soucis qui se ressemblent: nouveau travail, administration incompréhensible, argent évidemment, famille et sentiments à gérer. L’authenticité qui se dégage tient beaucoup au choix et au jeu des acteurs, tous très habités, Philippe Rebbot en tête, toujours génial, traînant sa dégaine inimitable et ses yeux de chien battu, Corinne Masiero, parfaite dans ce rôle sur mesure de l’épouse, Kacey Mottet Klein qui trace une belle route dans le paysage du cinéma français, et Mohamed Amine Hamzaoui, très convaincant dans le rôle du jeune homme volontaire mais las des revers que la vie lui réserve. Assez peu d’optimisme, il faut l’avouer, dans Vent du nord, mais une véritable volonté de réalisme, à saluer, pour un premier film très maîtrisé, peut-être même un peu trop, mais n’est-ce pas la caractéristique de tous les premiers films?

Sur l’échelle du cinéma: un film social plutôt dans l’air du temps, porté par une équipe en partie sortie de la Fémis, qu’on peut situer entre Petit Paysan de Hubert Charuel pour les difficultés à gérer avec l’autorité quand on possède une entreprise, et Prendre le large de Gaël Morel pour la thématique de la relocalisation au Maghreb.

Sortie le 28/03/2018