SONATE POUR ROOS, de Boudewijn Koole

Après de longs mois passés à l’étranger, Roos revient comme tous les ans visiter sa mère et son petit frère en Norvège. Mais alors que l’intimité et la complicité sont naturelles et fortes avec le jeune garçon, les rapports avec sa mère, ancienne pianiste qui n’a pas vraiment eu le temps de s’occuper d’elle lorsqu’elle était petite, se révèlent toujours aussi compliqués. Au sein de magnifiques paysages enneigés, le réalisateur donne à voir avec subtilité l’agencement de cette cellule familiale, les non-dits, les secrets, en filmant les petites choses, les petits mots, les petits regards, les petits gestes qui font tout, qui révèlent une histoire, le passé des personnages. Et au fur et à mesure on s’attache profondément à Roos, à ce qu’elle vit et ce qu’elle a encore à vivre, aux instants magiques passés avec son frère, à l’évolution des conversations avec sa mère, à ce si difficile retour. Sonate pour Roos est un diamant brut, sans fioritures ni facilités, mais qui, si l’on se laisse guider par le doux rythme que Boudewijn Koole propose, nous emportera vers de profondes émotions.

Sur l’échelle du cinéma : difficile de ne pas penser à Sonate d’automne de Ingmar Bergman (les traducteurs français ne s’y sont d’ailleurs pas trompés !), pour les retrouvailles tendues entre une mère pianiste et sa fille.

Sortie le 18/04/2018