UNE FEMME HEUREUSE, de Dominic Savage

Tara a trente ans, mariée, deux enfants dont elle s’occupe au quotidien, une belle maison, des amis… Tout pour être heureuse, mais pourtant elle ne l’est pas du tout: elle étouffe de plus en plus dans cette vie qui lui semble étriquée, et dont elle ne pense qu’à s’échapper. Gemma Arterton est Tara. Gemma Arterton est parfaite en Tara. De tous les plans, elle évolue subtilement au fur et à mesure du film, et Dominic Savage a admirablement et simplement su capter toute la palette d’émotions qui la traversent, son passé de réalisateur de documentaires y étant peut-être pour quelque chose. Une femme heureuse est un film poignant, malgré quelques longueurs, qui aborde un thème important et de plus en plus présent dans notre société, les désirs personnels parfois effacés au profit de l’illusion d’une vie rêvée et réussie qu’on nous impose, en laissant la part belle aux acteurs: il constitue un superbe écrin qui magnifie idéalement le formidable talent de son actrice principale.

Sur l’échelle du cinéma : il y a beaucoup du Cléo de 5 à 7 d’Agnès Varda, dans la manière de coller au plus près d’une femme en proie au doute, et de filmer ses errances dans Paris, mais aussi un soupçon d’Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick car c’est le désir enfin avoué de la femme qui bouscule tout son couple apparemment solide et désarçonne complètement le mari.

Sortie le 25/04/2018