TAKARA, LA NUIT OÙ J’AI NAGÉ, de Damien Manivel et Kohei Igarashi

Une histoire simple, selon les réalisateurs. Quand Takara, six ans, voit partir son père avant même le lever du jour pour aller travailler au marché aux poissons, il décide de lui faire un dessin et de sécher l’école pour le lui apporter. On s’attache très vite à la frimousse espiègle du petit enfant, bien décidé à atteindre son but quoi qu’il arrive, bravant les tempêtes de neige, la distance, l’inconnu, sans jamais se départir de son calme et de son humeur facétieuse. Le film, sans paroles, évolue au rythme du jeune garçon, il coule tranquillement, sans heurt, mais parvient pourtant à nous captiver, tellement est admirable la capacité des enfants à faire de chaque moment une grande aventure. Takara illustre à merveille la superbe volonté du jeune âge: pour pouvoir retrouver son papa qui lui manque, il n’hésite pas à se lancer dans un long périple glacé d’une journée, avec tout le sérieux et l’énergie que seuls peuvent avoir les enfants. Et c’est un bonheur de le voir évoluer, aussi à l’aise quand il s’amuse seul dans la neige que lorsqu’il est amené à côtoyer des adultes. Une histoire simple donc, pour un film beau et généreux, le grand voyage de l’innocence, au sein des magnifiques paysages enneigés de la région d’Aomori au Japon. Comment ne pas fondre devant tant de kawaii?

Sur l’échelle du cinéma: On pense évidemment à d’autres films d’enfants, beaucoup à Où est la maison de mon ami? d’Abbas Kiarostami, pour la quête initiatique d’un jeune garçon plein d’innocence, et un peu aussi à Le Kid de Charlie Chaplin, pour la bouille irrésistible, inoubliable et muette du héros de chacune des histoires.

Sortie le 02/05/2018