CORNÉLIUS LE MEUNIER HURLANT, de Yann Le Quellec

Après deux moyens-métrages très réussis (Je sens le beat qui monte en moi et Le Quepa sur la Vilni!), Yann Le Quellec nous livre Cornélius le meunier hurlant, librement adapté d’un roman de Arto Paasilinna. Audacieux conte poétique et métaphorique sur la liberté de la différence, le film se révèle protéiforme, tantôt burlesque façon Chaplin dans Les temps modernes notamment, grâce à plusieurs interprètes circassiens, tantôt western avec les costumes et décors, et cette chasse à l’homme dans des paysages impressionnants de plaines arides, tantôt comédie musicale avec plusieurs scènes dansées et chantées et la formidable chanson du meunier interprétée par rien moins qu’Iggy Pop et Anaïs Demoustier, tantôt même film d’aventure avec quelques plans du personnage principal dans la neige, transi de froid, rappelant Léonardo dans The Revenant!! À chaque instant de cette histoire simple du meunier qui se fait chasser de tous les villages parce qu’il hurle à la mort la nuit, réveillant les habitants, le réalisateur nous surprend agréablement, et nous emmène sur des chemins peu explorés et captivants, en compagnie du formidable Bonaventure Gacon, artiste de cirque dont c’est le premier rôle au cinéma, et d’Anaïs Demoustier, qui n’a jamais été aussi lumineuse. Un bien joli conte que celui-là, frais, amusant et peu commun, jusqu’à la morale finale, qui, comme dans tout conte, nous fera réfléchir en sortant, au son de la chanson du meunier.

Sur l’échelle du cinéma: c’est foisonnant et sans étiquette, on peut penser aux films et genres cités ci-dessus, en soulignant tout de même l’aspect très personnel du film, qui fait une grande partie de son charme.

Sortie le 02/05/2018