UNE ANNÉE POLAIRE, de Samuel Collardey

Une année polaire, qui suit l’installation d’Anders, instituteur danois, à Tiniteqilaaq, village isolé de 80 habitants, au Groenland, nous immerge dès l’ouverture dans un monde froid, perdu au beau milieu d’une eau glaciale et de majestueuses montagnes enneigées. Si l’histoire en elle-même est assez prévisible: la confrontation des cultures ne se fera pas sans heurts, et Anders devra s’adapter pour être accepté par ses élèves et la communauté toute entière, le film nous happe par ce qu’il nous offre de jamais vu: ces plans extraordinaires d’immensité glacée, pris à l’aide d’un drone, imposants de beauté, mais aussi des us et coutumes insoupçonnés que l’on découvre avec le jeune enseignant. Samuel Collardey, le réalisateur, a passé beaucoup de temps sur place avant de commencer à filmer, se documentant et observant tout, nature et personnages, minutieusement. Il nous donne à voir ces petites choses qui font la vie, comment on bâtit un igloo pendant une tempête de neige, la méthode pour arrêter une aurore boréale ou la meilleure façon de dépecer un phoque. Et, simplement et sûrement, le film nous emporte, au gré du temps inuit. « Ici ça prend le temps que ça prend », explique l’un des habitants. C’est en tout cas le temps pour le spectateur d’admirer et de se laisser emporter dans cette belle aventure humaine, au sein d’un merveilleux écrin naturel qui constitue le splendide personnage principal du film.

Sur l’échelle du cinéma: un peu Le voyage au Groenland de Sébastien Betbeder, dans la représentation du choc des cultures inuite/européenne, à travers l’installation d’un personnage au sein d’un véritable village isolé du Groenland, mais en moins rigolo et plus documentaire. Ou alors un Esprits rebelles nordique, pour la grande capacité du professeur à croire en ses élèves et à adapter son enseignement pour eux.

Sortie le 30/05/2018