THE CAKEMAKER, de Ofir Raul Graizer

Lorsqu’Oren meurt prématurément d’un accident de voiture, son amoureux berlinois, Thomas, se rend à Jérusalem et, sans révéler qui il est, se fait engager en tant que pâtissier dans le petit café d’Anat, la veuve de l’homme qu’il aimait. Pour son premier long-métrage, le réalisateur, qui a travaillé dans la gastronomie, filme avec finesse et attention les rapports entre ces deux inconnus qu’un disparu relie, qui régulièrement se retrouvent dans la cuisine. Le côté charnel de la fabrication de biscuits et de gâteaux, la sensualité du pétrissage de la pâte sont très bien rendus, et symbolisent à merveille les sentiments évoluant des deux personnages principaux, qui tissent une étrange et belle relation. Plus qu’une histoire d’amour, c’est une histoire de deuil et de renaissance qu’on nous donne à voir ici, chacun essayant de trouver la manière de gérer l’espace vacant laissé par le défunt. Et, dans les effluves de cannelle et de chocolat, derrière les dégustations de forêts noires et autres gourmandises, bien des questions essentielles sont abordées subtilement, faisant de ce Cakemaker un film envoûtant et savoureux.

Sur l’échelle du cinéma : un gros pourcentage des Délices de Tokyo de Naomi Kawase, pour la belle rencontre de deux protagonistes autour de recettes gourmandes, et l’application à filmer leur fabrication.

Sortie le 06/06/2018