SICILIAN GHOST STORY, de Fabio Grassadonia et Antonio Piazza

Inspiré d’une histoire qui s’est déroulée dans les années 90s en Sicile, le film raconte l’aventure de la jeune Luna lorsque le garçon qu’elle aime, Guiseppe, fils d’un mafieux repenti, est enlevé pour faire pression sur son père. La force de Sicilian Ghost Story réside principalement dans le parti-pris des réalisateurs de magnifier la portée positive, si on doit la trouver, de cette histoire sordide de séquestration, en s’orientant vers un doux fantastique : ils filment la beauté féérique des paysages siciliens en toutes saisons, l’accent chantant des habitants, l’innocence des visages et des regards, les éléments de la nature toute puissante, les animaux alliés ou ennemis, pour célébrer au mieux l’intensité, l’absolu, l’inconditionnalité de l’amour adolescent éternel, qui transcende la réalité morbide. Les jeunes acteurs, non professionnels, sont splendides et criants de vérité, la mise en scène étudiée et la lumière superbe. C’est donc un très beau film que celui-là, plutôt inattendu, qui nous dévoile, au travers de la volonté farouche de la jeune fille de retrouver son amoureux coûte que coûte, le pouvoir intense et inépuisable de l’imaginaire.

Sur l’échelle du cinéma : un mix de Le Parc de Damien Manivel pour la nature personnifiée comme écrin d’un amour nouveau, The Voices de Marjane Satrapi pour la capacité de l’esprit à distordre la triste réalité, saupoudré bien sûr d’un Roméo et Juliette (nombreux réalisateurs !), pour l’histoire d’une passion vitale entre deux jeunes personnes.

Sortie le 13/06/2018