JERICÓ, « L’envol infini des jours » de Catalina Mesa

C’est un petit village de Colombie, niché au beau milieu des montagnes à la végétation verte et dense, qui abrite, entre autres, de joyeuses septuagénaires et au-delà (la doyenne compte 102 ans !), que la réalisatrice a suivies et filmées, et qui nous plongent dans leur quotidien et leurs souvenirs riches d’émotions. Elles portent en elles les peines et les bonheurs de longues vies d’amour et de sacrifices, au sein d’un pays pas toujours facile à vivre, et s’en expriment tout simplement face à la caméra. Dans ce Jéricó merveilleux, aux portes et murs pimpants, au son de la musique traditionnelle envoûtante, on entre facilement et avec délice dans ce monde inconnu de la plupart des occidentaux, où les innombrables tasses de café rythment les rencontres, la Madre Laura, native du village et canonisée, fait partie des vies de chacune de ces pures croyantes, le savoir-faire ancestral de la confection à la main des galettes de maïs est encore bien vivant. Jéricó est une admirable tentative, poétique et instructive à la fois, de témoigner de la richesse des connaissances de toutes sortes de ces femmes belles et fortes, et de les transmettre.

Sur l’échelle du cinéma : On retrouve la bienveillance de Christophe Agou qui dans Sans adieu filme au plus près un monde en sursis, les habitants âgés d’un coin paumé du Forez; la même volonté de comprendre ses aïeux qu’a pu avoir Eric Caravaca dans Carré 35; avec l’entrain et la sérénité tout à fait uniques des habitants de ce village colombien.

Sortie le 20/06/2018