WOMAN AT WAR, de Benedikt Erlingsson

C’est au beau milieu de l’Islande, terre sauvage s’il en est, pays des trolls et des Vikings, que Halla, professeure de chorale, décide de se révolter contre l’industrie locale d’aluminium, qui met en péril sa nature si chère. Activiste anonyme recherchée par toutes les polices, elle arpente les collines telle une conquérante, dézinguant avec adresse et détermination des lignes à haute tension, incarnation d’une volonté inébranlable, intensément interprétée par une actrice habitée. Comme le titre en rend compte, Woman at war est un film sauvage, pur et dur, et c’est bien une véritable guerre qui se joue sur ces terres si singulières. Cette ode à la mère nature, qui respire le bon air et l’herbe indomptée, les sources chaudes ancestrales et l’odeur des moutons, est formidablement rythmée par des chœurs et des musiciens omniprésents, contribuant à envelopper ce manifeste d’une poésie et d’une humanité, l’attirant vers la parabole, pour mieux encore nous faire adhérer à ce message universel. Un beau film, rude et tendre à la fois donc, qui a obtenu le Prix du Public à la Semaine de la critique de Cannes 2018.

Sur l’échelle du cinéma : on pense évidemment à Night Moves de Kelly Reichardt pour le côté activiste écologique, et un peu à Maudite Aphrodite de Woody Allen pour les chœurs et la fable antique, le tout dans ces merveilleux paysages islandais immédiatement reconnaissables.

Sortie le 04/07/2018