LE POIRIER SAUVAGE, de Nuri Bilge Ceylan

Comme toujours chez Nuri Bilge Ceylan, d’une histoire ténue jaillit une grande fresque qui embrasse la vie et les hommes, leurs pensées et leur devenir. Sinan vient de finir ses études et rentre chez ses parents, tout en cherchant à publier le livre qu’il a écrit. Les retrouvailles avec sa famille, son père notamment, ne sont pas des plus paisibles. Dans les paysages exceptionnels de l’Anatolie, aux couleurs changeantes suivant les saisons, le réalisateur filme la filiation, la transmission, aussi bien les liens entre le père et le fils, qu’entre Dieu et l’imam, ou le maître littéraire et son disciple. Comment faire pour se détacher du chemin qui semble tracé pour nous, et est-ce seulement possible, sont les questions autour desquelles gravite tout le film, composé de longs plans séquences, de grandes discussions au gré des rencontres, de contemplation aussi, parfois. Riche et poétique, Le poirier sauvage offre des images somptueuses, un montage flottant entre rêve, réalité et symboles, au son d’une majestueuse musique : un beau film qui marque, assurément.

Sortie le 08/08/2018