BURNING, de Lee Chang-Dong

Jongsu, jeune coursier, rencontre par hasard Haemi, une amie d’enfance. Sur le départ pour l’Afrique, elle lui demande de bien vouloir nourrir son chat durant son absence. Lorsqu’il l’accueille à l’aéroport à son retour, elle est accompagnée de Ben, un homme bien mystérieux… Adapté d’une nouvelle de Haruki Murakami Les granges brûlées, le film retransmet de belle manière l’ambiance flottante et l’onirisme du maître japonais. Dans ce thriller au ralenti, minutieusement mis en scène, où certaines intrigues s’étirent jusqu’à s’étioler, où des scènes merveilleuses jaillissent comme la naissance de la vie, où des chats énigmatiques peuplent les espaces, on trouvera des symboles partout, offerts, sans explication ou conclusion d’aucune sorte. La musique est envoûtante, au service de cette temporalité élastique, où l’acmé se fait attendre pour notre plus grand plaisir, afin de savourer encore et encore cette tension sourde que Lee Chang-Dong parvient à distiller, d’abord par petites touches puis de plus en plus clairement, jusqu’à l’imposer. Un film à voir, pour se faire sa propre idée, tellement il est ouvert et mystérieux, riche de tous les songes de ceux qui l’ont pensé et réalisé.

Sur l’échelle du cinéma : c’est un genre particulier que celui-là, très asiatique, de l’ordre de la contemplation active ; on pense à certains films de cette région, notamment de Kim Ki-Duk, mais encore une fois, il y a du jamais vu ici, et ça vaut le coup.

Sortie le 29/08/2018