L’AMOUR FLOU, de Romane Bohringer et Philippe Rebbot

Romane et Philippe ne sont plus amoureux, mais pour conserver leur entente familiale et l’équilibre de leurs deux enfants, ils décident d’emménager dans deux appartements reliés par la chambre des enfants, qui pourront ainsi être tous les jours avec chacun de leurs parents. S’inspirant de leur véritable histoire, et profitant de chaque étape réelle pour filmer une séquence de leur film, les deux réalisateurs livrent un documenteur à l’envers, prétendue fiction mais foisonnant de vraies situations et de vrais personnes, un peu fouilli, mais carrément drôle et très attachant. Evidemment la personnalité lunaire et éminemment sympathique de Philippe Rebbot y est pour beaucoup, cependant l’intérêt du film vient également du fait que l’on parvient à se détacher du couple Bohringer-Rebbot pour apprécier une œuvre filmique intéressante et aboutie, posant de vraies questions, à une époque où beaucoup de familles recomposées tentent désespérément de jongler avec des contraintes spatio-temporelles de plus en plus problématiques. L’amour flou constitue en outre une belle déclaration, oui d’amour, car ne plus être amoureux ne signifie pas ne plus aimer, et c’est admirable de s’en rendre compte et de l’accepter. Romane et Philippe nous offrent avec complicité un joli moment plein d’émotion et de sincérité ; le public ne s’y est d’ailleurs pas trompé, qui lui a décerné son prix au Festival du Film Francophone d’Angoulême en août 2018.

Sur l’échelle du cinéma : un dispositif qui n’est pas sans rappeler celui choisi par Isabelle Broué pour son film Lutine, où elle partait de son histoire, se mettant en scène dans son propre appartement, pour ensuite parvenir avec malice à ouvrir le film sur d’autres horizons et questionnements; également avec Philippe Rebbot, évidemment!

Sortie le 10/10/2018

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