CARMEN ET LOLA, de Arantxa Echevarría

Elles ont 16 et 17 ans, belles et jeunes gitanes madrilènes, élevées dans la tradition de la communauté : une femme n’a pas besoin de faire d’études, elle doit se marier avec un gitan, avoir des enfants et savoir tenir parfaitement son foyer. Lola pourtant se destine à un avenir différent, et peu à peu emporte le cœur de Carmen, sur le point de se marier. Le film nous plonge dans la communauté gitane avec douceur et respect, et suit la naissance de l’amour et les difficultés rencontrées par Carmen et Lola au sein de leurs familles. Sujet tabou, honte absolue, l’homosexualité est un péché et rejetée par les croyances conservatrices gitanes. Aranxta Echevarría, pour son premier long-métrage de fiction, a fait appel à des gitans non-professionnels qui parviennent à nous immerger dans cette culture passionnelle et colorée ; les deux jeunes actrices quant à elles, Zaira Romero et Rosy Rodríguez, symbolisent avec grâce et pudeur la force du lien amoureux au-delà des doctrines et préjugés. Un très beau film, qui montre un groupe assez peu représenté au cinéma, tout en abordant une problématique de plus en plus actuelle.

Sur l’échelle du cinéma : le film n’est pas sans rappeler Rafiki de la cinéaste kenyane Wanuri Kahiu, sorti il y a quelques mois: mêmes premières amours entre jeunes femmes, dans une communauté où la plupart les considèrent comme un péché, et où la famille a du mal à accepter ces sentiments.

Sortie le 14/11/2018