MOI, MAMAN, MA MÈRE ET MOI, de Christophe Le Masne

Perdre sa mère n’est jamais une partie de plaisir. Perdre sa mère et devoir revenir dans la maison de son enfance avec son grand frère et ses deux sœurs afin de ranger et de décider que faire de l’endroit peut vite tourner au cauchemar, surtout quand les souvenirs s’en mêlent (s’emmêlent ?). Benoît arrive d’Angleterre, loin de toutes ces histoires de famille, et doit composer avec l’hystérie de la fratrie, les voisins envahissants, les réminiscences qui ne manquent pas d’affluer. Christophe Le Masne signe un film sur le travail du deuil et le refoulement, qui au vu du sujet aurait pu être pesant, mais se révèle finalement plaisant, au fur et à mesure qu’on apprend à connaître et aimer ces grands orphelins, que la parole se délie, que les sentiments apparaissent. Traité sur le registre de la comédie, Moi, maman, ma mère et moi aborde des problématiques profondes et des situations douloureuses que l’on peut tous être amenés à rencontrer un jour, sans jamais devenir solennel, et permet surtout à ses acteurs de s’épanouir devant la caméra, sous l’œil bienveillant du réalisateur. Grégory Montel notamment, quasiment de toutes les scènes, s’en sort admirablement, dans la peau du quarantenaire déboussolé qui n’arrive pas à se séparer de sa maman.

Sortie le 13/02/2019