EL REINO, de Rodrigo Sorogoyen

Plusieurs réalisateurs espagnols se sont essayés ces dernières années avec succès au thriller, à tel point que certains voient dans ce cinéma de la péninsule ibérique le renouveau du genre ; Rodrigo Sorogoyen, avec son précédent long-métrage Que Dios nos perdone, avait notamment marqué les esprits des spectateurs en quête de sensations. Il récidive avec El Reino, thriller politique qui subtilement change de forme, mettant en scène le même acteur Antonio de la Torre, dans la peau d’un politicien qui du sommet sera amené à toucher le fond et même au-delà, à la suite de la révélation publique d’une affaire de corruption l’impliquant. Monté nerveusement et joué de même, le film nous emporte dans une spirale mortelle, au plus près de l’élu, de tous les plans. Pointant de vastes sujets tels que les malversations financières de mise dans les sphères politiques et leurs conséquences en interne ou les rapports ambigus entre le pouvoir et les journalistes, le long-métrage réussit cependant à s’échapper de la seule évocation générale pour dessiner un portrait intime de l’homme : comment en arrive-t-on là, que se passe-t-il pour qu’un être intelligent ne parvienne pas à accepter une défaite, quelle est la place de son épouse, que fait-on lorsqu’on possède un orgueil démesuré… Autant d’interrogations traitées avec brio sur un rythme de plus en plus effréné, qui finit par nous couper littéralement le souffle.

Sortie le 17/04/2019