MEURS, MONSTRE, MEURS, de Alejandro Fadel

Un soi-disant monstre, que personne ne voit jamais, sévit dans un village isolé de la Cordillère des Andes, tuant violemment et régulièrement. L’officier Cruz est chargé de l’enquête, mais peine à attraper l’assassin insaisissable. Souvent filmé dans la pénombre de la nuit sous une pluie battante, donnant naissance à l’écran à de magnifiques clairs-obscurs, Meurs, monstre, meurs est un film de genre envoûtant, qui prend place au sein de paysages sublimes et inhospitaliers. Souvent au plus près de ses personnages tous très singuliers, la caméra instaure dès le début une atmosphère diffuse d’angoisse, qui ne nous lâchera pas, convoquant des craintes inexpliquées et inexplicables, profondes et ancestrales, évoquant le Mal à l’état pur, brutal et irraisonné. Admirable déambulation habitée du policier et de son équipe, à la recherche d’un monstre désincarné, semblant faire corps avec la nature, le film rate un peu sa fin en choisissant de nous donner à voir la source de tant de sévices. Pour autant, il reste remarquable dans le traitement impressionnant de l’image, le travail sur le son et la musique, et sa mise en scène au cordeau.

Sortie le 15/05/2019