L’ŒUVRE SANS AUTEUR, de Florian Henckel Von Donnersmarck

À travers cette fresque en deux parties, et s’inspirant librement de la vie du peintre Gerhard Richter, le réalisateur, après le phénoménal La vie des autres, s’intéresse à nouveau au passé de son pays, et aux temps troublés qu’il a traversés. Explorant trente ans d’histoire, posant les jalons de multitudes d’interrogations aussi variées que la place de l’art, la force de l’amour, la conviction intime de la bonne action chez certains nazis, la sincérité de l’artiste, L’œuvre sans auteur aurait peut-être gagné en profondeur si Florian Henckel Von Donnersmarck avait carrément opté pour la mini-série, ce qui lui aurait permis d’étudier davantage ses personnages et toutes les questions que son récit met en lumière. Pour autant, ce diptyque reste une réussite, nous emportant sans peine dans une odyssée romanesque qui brasse les horreurs de la seconde guerre mondiale, la sincérité de l’art, la passion amoureuse de la jeunesse. Très bien interprété, excellemment mis en musique par Max Richter, L’œuvre sans auteur nous fait voyager, tant dans ces infinies réflexions que littéralement, d’Allemagne de l’est à l’ouest, où la seconde partie se concentre : la représentation de la création artistique dans les années soixante au sein de l’Académie des Beaux-Arts de Düsseldorf et de l’éclosion de l’artiste s’y avère notamment véritablement passionnante.

Sortie le 17/07/19