AU BOUT DU MONDE, de Kiyoshi Kurosawa

Surtout connu pour ses thrillers et films d’angoisse, le réalisateur livre ici un film d’un genre nouveau, dont il dit lui-même qu’il lui ressemble beaucoup plus que ses autres productions. C’est l’histoire toute simple de Yoko, présentatrice d’une émission de voyages et découvertes, en tournage en Ouzbékistan avec une petite équipe. Dans ce pays inconnu, loin de ses repères et des gens qu’elle aime, elle se perd, explore, déambule dans ces villes inconnues, Samarcande, Tachkent, leurs bazars, leurs coutumes, leur nourriture. L’intrigue du film est ténue, et ambitieuse à la fois : suivre au plus près la jeune femme, ses découvertes, ses errances, tant d’un point de vue émotionnel que sensoriel et physique. Avec elle, on se trouve totalement immergé dans ce pays nouveau, à la langue incompréhensible, aux paysages à découvrir. Au bout du monde est une œuvre à la forme étrange, tant un film de voyage que d’introspection, avec même un petit côté Nuit américaine lorsqu’on est en tournage avec Yoko et son équipe. Parfois flottant, délicat et contemplatif, épousant la lenteur des divagations intimes, ce long-métrage s’avère très japonais dans sa finesse et sa manière d’aborder les choses. L’interprète principale, Atsuko Maeda, y est pour quelque chose : quasi de tous les plans, elle nourrit l’image et l’expressivité de son regard nous emporte loin dans les méandres de sa psyché.

Sortie le 23/10/2019