J’AI PERDU MON CORPS, de Jérémy Clapin

Une fois n’est pas coutume, voici un film d’animation, premier long-métrage de son réalisateur, qui s’attache à montrer un quotidien parisien très réaliste, jusque dans la représentation de la fameuse main voyageuse, renvoyant aux souvenirs et sensations de la prime jeunesse. Donnant d’un côté à voir la vie banale de Naoufel, livreur de pizza, qui tombe amoureux de Gabrielle, et de l’autre les aventures d’une main sectionnée qui quitte son labo pour retrouver le corps auquel elle appartient, le tout entrecoupé de flash back permettant de mieux comprendre les personnages, J’ai perdu mon corps peut décontenancer : ni complètement pour adulte, car l’intrigue et le propos sont somme toute minimes, ni complètement pour enfants, qui risquent de s’y ennuyer un peu. Cependant se dégage peu à peu, des images travaillées, des points de vue choisis, de la musique très présente, une ambiance qui nous happe, et une affection nous saisit pour ce jeune héros maladroit à l’histoire triste. Un film rare dans ce qu’il ose montrer ou ne pas montrer, dans sa construction également, à voir donc, pour comprendre que l’animation a encore de vastes terrains à explorer.

Le film a reçu le Grand Prix de la Semaine Internationale de la Critique au Festival de Cannes 2019, et le Grand Prix et Prix du Public au Festival d’Annecy 2019.

Sortie le 06/11/2019