LES MISÉRABLES, de Ladj Ly

Auréolé de son Prix du Jury à Cannes cette année, entre autres, le premier long-métrage de fiction de Ladj Ly, jusqu’ici plus actif dans le genre documentaire, arrive enfin sur nos écrans. Filmant la banlieue, sa banlieue, Montfermeil en l’occurrence, le réalisateur avoue s’être inspiré de nombreux événements qu’il a vraiment observés au fil des années. Voici sûrement pourquoi le film, qui reprend la trame d’un précédent court-métrage de l’auteur, respire la sincérité, et ne tombe pas dans les écueils du film de banlieue. Pas de parti-pris ici, chacun mène sa vie au mieux, et tous les personnages, comme dans la vie, sont nuancés : personne n’est le bon ou le méchant, on envisage l’ennui des jeunes comme le stress des policiers de la BAC, les envolées religieuses de certains et la rage des autres. Pas de rap, de drogue, d’armes non plus, Les Misérables entend sortir des clichés pour tenter d’approcher une réalité plus évidente, une journée banale dans le 93. Pour autant, le long-métrage ne ressemble pas tout à fait à un documentaire, Ladj Ly ayant pris soin de créer des moments de tension à couper le souffle parfois, qui marqueront les yeux et les esprits, dans une mise en scène soignée, servie par des acteurs tous investis et convaincants, les trois policiers, Damien Bonnard, Alexis Manenti, Djebril Zonga en tête. Un film choc qui restera.

Sortie le 20/11/2019