JEUNE JULIETTE, de Anne Émond

On y pense tous, parfois, à nos années collège et lycée, cette période bizarre de grandes découvertes et de sentiments absolus, que ce soit avec regrets ou soulagement. Anne Émond n’échappe pas à la règle, et explore dans Jeune Juliette le quotidien d’une jeune fille de quatorze ans, un peu grosse, sans beaucoup d’amis, plutôt précoce dans sa vision des choses, en y mettant de nombreux souvenirs personnels. Il en résulte un film à destination des ados, mais surtout des plus âgés, qui seront ravis de replonger dans ce monde des premières boums, des cours fastidieux et des profs cools ou non, des bêtises que l’on essaye de cacher aux parents, et des grandes décisions balayées le lendemain par de plus grandes encore. Filmé en 35mm, ce long métrage fleure bon le revival, grâce à une image au grain palpable et à une lumière chatoyante, aux choix musicaux un peu datés, et à l’absence de repères temporels nets. Tous les acteurs sont superbes, l’histoire banale autant qu’unique, et ce moment passé avec l’irrésistible Juliette qui se débat avec la vie passe très agréablement, que l’on ait sept ou soixante-dix-sept ans.

Sortie le 11/12/2019