JÉSUS, de Hiroshi Okuyama

Inspiré de faits qu’il a vécu dans son enfance, Jésus, d’un tout jeune réalisateur de 23 ans, constitue un bien joli film sur la jeunesse et ses idéaux. Yura, pré-adolescent calme, presque taciturne, arrive de Tokyo avec ses parents pour vivre à la campagne auprès de sa grand-mère récemment veuve. Il intègre une nouvelle école, religieuse, et s’initie à l’amitié et à la foi. Tout est doux et frais dans ce long-métrage plutôt court, qui va à l’essentiel : on suit l’évolution du jeune garçon, son imaginaire farfelu parfois, qui fera sourire, ses joies et ses peines, les épreuves qui le feront grandir. Hiroshi Okuyama préfère évoquer qu’asséner, et il parvient subtilement à nous faire réfléchir à la chrétienté et la place qu’elle peut prendre, à la difficulté du deuil, à ce long chemin de croix que constitue parfois l’apprentissage de la vie à cet âge. Les deux jeunes interprètes sont fabuleux, et nous emportent avec eux, tranquillement, à leur rythme, explorer les paysages enneigés, les ciels remplis d’étoiles filantes, les prémices de l’amitié, au son d’une partition religieuse revisitée, en compagnie d’un petit Jésus plus vrai que nature. Vraiment, un bien joli film que celui-là, délicat comme les fleurs des cerisiers du Japon.

Sortie le 25/12/2019