LA DERNIÈRE VIE DE SIMON, de Léo Karmann

Tout commence comme un conte pour enfant, dans lequel on plongerait avec le plaisir toujours intact d’évoquer cette période révolue pour nombre d’entre nous, celle de la jeunesse. Simon a huit ans et est orphelin ; il aimerait plus que tout avoir une famille. Simon a aussi un don unique : il peut se transformer en n’importe quelle personne qu’il a touchée. Le premier long métrage de Léo Karmann, jeune réalisateur qui s’est entouré d’une équipe aussi jeune que lui, est un coup de maître : très bien écrit, rythmé de belle manière, n’hésitant pas à convoquer quelques brillantes références du film d’enfant en trouvant cependant sa personnalité propre, joliment éclairé, joué par des interprètes convaincus. La dernière vie de Simon est une fable polymorphe qui nous emporte sans difficulté dans son univers, évoluant astucieusement vers le fantastique et même le thriller, mais en gardant le potentiel émotionnel formidable offert dès le départ. C’est un film d’amour que celui-là, où l’on éprouve toutes les fortes émotions tellement visibles dans les regards des personnages, qui arrachera sûrement quelques larmes à certains spectateurs des plus sensibles. Un premier essai vraiment réussi donc, qui évite l’écueil du trop démonstratif, du trop dense, pour nous convier à un voyage dans un monde fabuleux duquel on ne voudrait jamais ressortir.

Sortie le 05/02/2020