IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’EST, de Larissa Sadilova

Simple et délicat, ce long métrage indépendant qui nous vient de Russie possède la beauté des évidences. Pour nous raconter cette histoire de sentiments, inspirée d’un fait réel, la réalisatrice a voulu s’entourer d’acteurs non professionnels pour les seconds rôles, ancrant ainsi les quatre personnages principaux, joués eux par des comédiens, dans un quotidien palpable et authentique, où la nature, que l’on observe au gré des saisons, a la part belle. Dans une petite ville, une jeune mère de famille part régulièrement en bus à Moscou pour y vendre les habits et accessoires qu’elle fabrique ; ce que son mari ne sait pas, c’est qu’elle quitte le bus quelque kilomètres après son départ, afin de rejoindre le camion de son amant, chauffeur routier, qui n’est autre que le père de famille de la maison voisine. Tout fonctionne pour le mieux jusqu’à ce que des tensions et des doutes apparaissent dans les deux foyers ; chacun alors réagit à sa manière. Pour mettre en image ce drame somme toute ordinaire, même si les circonstances des retrouvailles sont inhabituelles, Larissa Sadilova privilégie les plans longs, calmes et une belle lumière, instaurant une quiétude permanente, même au plus fort des émotions : le temps du film glisse sereinement, les amours se mettent à nu, les chats peuplent les espaces et nous profitons de ce merveilleux moment suspendu, où les petites affaires humaines, toutes uniques et pourtant si semblables, n’empêchent jamais le monde de tourner.

Sortie en VOD le 11/06/2020