L’OMBRE DE STALINE, de Agnieszka Holland

Au début des années 30, un journaliste britannique, Gareth Jones, réussit à se rendre à Moscou puis en Ukraine, où il découvre toute l’horreur de l’Holodomor, la grande famine des paysans complètement orchestré par le régime stalinien, au nom d’une prétendue modernisation du pays. Agnieszka Holland, familière des sujets historiques, s’empare de cet épisode même aujourd’hui peu connu, Staline ayant pris grand soin d’empêcher tous les visiteurs et journalistes étrangers de quitter Moscou, vitrine d’une factice opulence russe, et nous offre un film à plusieurs lectures. Restant au plus près du personnage de Jones la plupart du temps, n’hésitant pas à filmer l’indicible, elle nous ouvre les yeux sur cette époque oubliée de l’histoire de l’URSS, et sur la réaction de déni de la plupart des représentants internationaux ; et en introduisant des inserts présentant George Orwell rédigeant sa fameuse Ferme des animaux, qui en filigrane critique le régime stalinien et tout totalitarisme, elle élève son film et en fait un récit intemporel, mettant en cause la communication politique, ce que l’on fait et ce que l’on dit au monde, le procédé de « fake news », toujours d’actualité de nos jours. L’ombre de Staline, sélectionné à la Berlinale 2019, admirablement mis en scène, formellement et idéologiquement puissant, est une œuvre rare qui mérite toute notre attention.

Sortie le 22/06/2020

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