L’INFIRMIÈRE, de Kôji Fukada

C’est une histoire toute simple, celle de Ichiko, infirmière toute entière dévouée à son travail et à la famille de la dame âgée dont elle s’occupe quotidiennement, qui voit sa vie basculer lorsqu’elle se trouve mêlée malgré elle à une histoire d’enlèvement. Pour le suspense, le réalisateur a choisi une construction non chronologique, qui nous emmène dans les méandres des personnalités de l’héroïne, et qui jusqu’au bout nous interroge sur la manière dont on peut soudainement dévier, être ostracisé, sombrer. Car c’est bien là le propos principal du film : Kôji Fukada, au-delà du formidable portrait social japonais, régi par des obligations, qu’il nous présente, part sur une idée plus générale : le pouvoir de l’opinion publique et de la rumeur, et la fragilité de l’humain qui s’y trouve confronté. Thèse déjà maintes fois évoquée dans d’autres œuvres, mais qui trouve ici un écho particulier, notamment grâce à l’interprétation géniale de Mariko Tsutsui, qui donne au personnage toute sa complexité : innocente et coupable, désemparée et calculatrice à la fois. L’infirmière est un long métrage à l’image de son personnage principal : trouble et délicat, dont les images n’en finissent pas de nous hanter.

Sortie le 05/08/2020