ANTIGONE, de Sophie Deraspe

Intéressante adaptation que celle-là, histoire d’une Antigone contemporaine, jeune fille brillante de seize ans, qui, pour sauver son frère emprisonné, défie la loi et la justice du monde en le faisant échapper, car son cœur le lui dicte. Si l’inflexibilité de l’autorité, l’importance de la famille et de la fratrie, le besoin viscéral de liberté de pensée de l’héroïne antique sont bien présents, la réalisatrice, en transposant le récit au monde actuel, a ajouté des dimensions absentes de l’original : notamment les réseaux sociaux, les journaux télévisés qui évidemment s’avèrent cruciaux, cristallisant comme les chœurs auparavant les sentiments des parties ; ou la question du territoire, avec l’enjeu des titres de séjour et de l’extradition du Canada. Il en résulte un film un peu en décalage, à la mise en scène foisonnante, qui nous emporte tout de même dans cette histoire de sentiments et d’amour, surtout grâce à la prestance incontestable de l’actrice principale, la jeune Nahema Ricci, gracile et décidée, au regard si puissant et au sourire lumineux. Et c’est toujours de la pureté de la jeunesse dont il est question, celle qui ne s’embarrasse pas de demi-mesures et de concessions, abordant la vie qui s’annonce avec rage et peut-être un petit peu trop de sérieux.

Sortie le 02/09/2020